Le GR20. En 6 jours.

Été 2015. Nouveau projet en vue, faire le GR20, en solo.

Se sentir prêt pour faire le GR20 ? Prêt, c’est un bien grand mot !

Ca faisait un moment que cette idée me trottait dans la tête. Je me lance. Les billets d’avion sont réservés, c’est décidé. Je pars faire le GR20. J’ai seulement 10 jours sur place, et je me dis que j’aimerai bien profiter un peu de la plage de Porto Vecchio à l’arrivée. L’idée est de ne pas trop trainer en chemin. J’arrive à faire un sac le plus léger possible, chaque affaire étant soigneusement choisie. Pas de superflu. J’ai réussi à tout condenser en seulement 6kg, sac de couchage et tente ( ou plutôt un sarcophage ) inclus. Sachant qu’on peut acheter de la nourriture et manger dans les refuges, j’avais juste pris un petit stock de barres de céréales et de biscuits, quelques fruits pour la route, et je me suis ravitaillé avec ce que j’ai trouvé sur place. Avec le recul, une paire de tong en plus n’aurait pas été du luxe.

J’avais également acheté le guide Rother du GR20, que j’ai lu et relu avant de partir pour bien préparer les étapes et prendre tous les bons conseils, j’ai trainé sur quelques forums pour prendre quelques infos. Grâce au guide Rother, j’ai pu télécharger les traces GPS de chaque étape dans mon téléphone. Encore une fois, la planification de cette aventure m’a permis de me projeter et de m’imaginer sur les sentiers corses avant même d’y être, et j’adore cette phase de préparation.

Backpacking light pour le GR20

J’en garde un souvenir très fort. Une super expérience. Des paysages grandioses, de belles rencontres, des couchés de soleil splendides, des lever de soleil magnifiques, des vues sur les crêtes entre mer et montagne à couper le souffle, un parcours technique, et surtout, une aventure quasi coupée du monde, sans réseau, sans téléphone, sans internet… Juste avec soi même, les autres randonneurs croisés sur les chemins, et les cochons (pas si) sauvages.

J’ai apprécié le faire seul, à mon rythme, ce qui m’a aussi permit d’aller vers les autres, de discuter avec différentes personnes chaque soir dans les refuges, partager ses émotions de la journée avec des inconnus. J’ai l’impression que ces 6 jours sont à la fois passé très vite, mais j’ai également l’impression d’y être resté un mois.

Paysages sur le GR20

Après être arrivé à Bastia avec un vol tôt le matin, je suis monté dans le bus direction Calvi, et j’ai pris ensuite la navette qui nous amène au départ du GR20 à Calenzana . J’ai démarré l’ascension de la 1ère étape à 15h le jour même, et je suis arrivé à Conca juste avant 14h, après 6 jours de marche. Une sacrée aventure.

J’ai fait la traversé en 6 jours! C’était sportif. J’ai triplé les étapes du nord qui sont courtes en distance mais raides et très techniques. On passe principalement sur des rochers et pierriers. J’ai doublé les étapes du sud, après Vizzavona, qui sont moins accidenté, mais plus longues. Avoir un sac léger m’a bien aidé. On dit souvent que la partie nord est la plus difficile. Je dirais juste qu’elle est différente. Plus escarpée. Les profils d’étapes ne sont pas les mêmes, mais le dénivelé par étape est quasiment identique. Au nord comme au sud, on y trouve son compte! La partie sud est plus facilement accessible de la route et des villages alentours, donc plus touristique aussi. On y croise plus de randonneurs et de familles venus se balader ou randonner pour la journée, notamment près des aiguilles de Bavella. On a (un peu) moins l’impression d’être coupé du monde.

6 jours, soit 53h de marche cumulée, pour 180km et 15 000 m de D+. Je suis passé par les variantes alpines, l’ancien GR et le Monte Cinto sur l’étape numéro 4, le cirque de la solitude étant fermé à cause d’un gros éboulement survenu plus tôt dans la saison.

J’ai parcouru 38km pour la journée la plus longue, au départ de l’étape 4, avec 2800m de D+, en partant à la frontale au petit matin. Épique! J’ai eu de la chance avec la météo, j’avais évité un gros orage la veille en arrivant assez tôt au refuge de Haut Asco. Pour le reste j’ai eu du beau temps, et pas trop chaud. Je me suis fait mordre les pied par un renard une nuit dans ma tente à Vizzavona. Ils sont trop habitués aux randonneurs !

Je ne pensais pas le faire aussi vite, chaque jour je me disais : « Ok, demain j’y vais tranquille… » Puis finalement, j’avançais pour arriver le soir juste avant l’horaire de fermeture des cuisines de chaque refuge.

J’ai vécu l’arrivée à Conca, comme l’arrivée d’un trail ou d’une course longue, avec presque une larme à l’oeil, d’émotion et de joie. Triste aussi de le finir, même si j’étais bien rincé et fatigué par ce périple. Et après avoir dégusté une bonne Pietra bien fraiche, j’ai finalement décidé de prendre un bus qui m’amenait directement au port d’Ajaccio et prendre un ferry le soir même direction Nice, à la maison. La plage de Porto Vecchio attendra, ça sera pour une autre fois. De toute façon, je suis plus montagne que plage… !

Arrivée à Conca

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