NYC MARATHON 2015.

High Five Marathon.

New York, c’est une expérience. Ce marathon est mythique, mais pourquoi ? La première fois que je suis allé à New York, c’était pour courir le marathon. Une bonne raison.

Run in NYC

Je n’avais pas prévu de faire un chrono, mais je m’étais bien préparé. Je voulais simplement profiter de ma course, ne pas galérer, ne pas me prendre le « mur » et surtout prendre du plaisir. Courir dans New York, c’est un voyage à part entière. Avoir l’opportunité de faire le marathon, c’est une autre façon de vivre la ville, de la sentir, de la visiter, et de capter toute l’énergie que les new-yorkais ont à offrir. L’occasion unique de courir dans les rues sans voiture, et avoir le sentiment que la ville nous appartient.

1er novembre 2015. Le jour J.

Ce matin-là, le réveil sonne à 4h30. Malgré l’horaire très matinal, je n’ai pas de mal à lever. Je mets les affaires que j’avais soigneusement préparé la veille (comme toujours) et je prends le métro à Myrtle Avenue, dans le quartier de Bushwik, là où on loge avec Rémi. Direction South Ferry Station. Je ne m’étais pas vraiment reposé les jours d’avant en visitant la ville, mais peu importe, je suis tout excité à l’idée de courir New York ce matin-là. Bref, je suis juste content d’être là. De vivre ce moment. Je croise déjà quelques coureurs dans le métro, mais c’est au départ du ferry que la pression monte.

Il y a différentes options pour se rendre sur la zone de départ à Staten Island, et j’ai choisi l’option du ferry. L’occasion de faire la traversée d’Upper Bay et de voir la statue de la liberté au loin. Un moment assez calme, avant de se retrouver dans l’effervescence du départ. Une fois la traversée en ferry effectuée, un bus nous amène sur le site du départ, à Fort Wadsworh-Gateway.

J’y croise un collègue qui court aussi le marathon. Il me demande si je suis bien en forme en voyant mes cernes. Je dois vraiment avoir l’air fatigué, mais on en rigole. On échange quelques mots et puis on repart chacun de notre côté rejoindre notre zone de départ. Cette course, c’est une sacré organisation. Le site de départ me parait immense. Je trouve mon sas, et attends patiemment l’heure du départ. Je fais l’erreur de manger une barre hyper protéinée que j’avais récupéré au moment du retrait des dossards, et elle me restera sur l’estomac pendant la première demi-heure de course.

Le moment fatidique arrive. Parqué dans le sas, on avance tranquillement jusqu’à la ligne de départ. Je m’élance enfin et j’ai l’a chance de traverser le Verrazzano-Narrows bridge par la passerelle du dessus. Celle que l’on voit dans toutes les photos du marathon de New York, avec cette masse de coureurs multicolores. J’ai conscience de la chance que j’ai d’être là, et je profite de ce moment unique. Je ressens cette émotion de départ de grosse course, avec toute cette énergie de coureurs autour de moi. C’est assez dingue. Les hélicoptères volent au-dessus de nous, comme si nous sommes tous des stars, ou des athlètes professionnels. Un sacré moment ce départ de marathon.

Une fois le Verrazzano-Narrows Bridge passé, on entre dans Brooklyn avec une foule en délire pour nous encourager. C’est cette image de foule qui me restera en mémoire. Pendant toute la course, on peut courir en donnant des High Five, dans les mains des supporters et dans les affiches avec marqué « Tap for Power » ou autre message destiné à nous motiver. Les seuls endroits où l’on ne croise personne, c’est sur les ponts, et dans le quartier juif de Brooklyn. Tout le reste du parcours, c’est un High Five marathon qui se déroule devant nous.

Je suis partit sur le rythme prévu, je sens que les jambes sont bonnes, et je n’ai plus aucune sensation de fatigue à ce moment-là. La course se déroule sans encombre, je visite en même temps que je cours, et je prends beaucoup de plaisir. Tous les encouragements sur le parcours me donne plein d’énergie. Le premier semi se déroule très bien, je le passe en 1h44, finalement un peu plus rapide que ce que je voulais. J’ai un peu accéléré le rythme depuis le départ, et je me sens bien.

Le passage sur le Quennsboro Bridge est un moment très spécial. On sort de la cohue du Queens et tout redevient calme sur le pont. On est au 25ème kilomètre, et certains coureurs commencent à fatiguer. On pourrait presque entendre une mouche voler. Mais une fois le pont passé, on tourne à droite pour se retrouver sur la 5ème avenue, avec de nouveau une foule en délire qui nous acclame et les hélicoptères qui volent au-dessus de nous. J’ai l’impression de vivre une scène de Die Hard ou je suis Bruce Willis qui dévale à fond dans les rues de New York, les grattes-ciels et toute cette agitation autour de moi. Je garde cette image en tête comme le moment fort de ce marathon. On remonte ainsi la 5ème avenue jusqu’au Bronx, tout en High Five, toujours. Au fur et à mesure que l’on avance, l’animation perdure mais évolue en fonction des quartiers et des new yorkais qui sont là pour nous encourager. Puis, on redescend dans Harlem, ou il y a des DJ, des chanteurs, du Gospel, des groupes de Hip Hop, et toujours autant de High Five à donner. J’ai toujours la forme, même si la fatigue dans les jambes commence à se faire sentir. On passe le 35ème kilomètre, et je n’ai pas vu passer la course. C’est à ce moment que les jambes commencent à devenir dures. On rentre dans Central Park pour la fin du parcours. L’arrivée se rapproche, et je commence à serrer les dents pour garder mon rythme. Je ne veux pas lâcher, pas cette fois. Je fais toujours quelques High Five pour me redonner de l’énergie.

Les derniers kilomètres sont de plus en plus difficiles. Je double beaucoup de monde sur la fin du parcours, ce qui donne un élan de motivation. Je ne ralenti pas, je conserve mon effort et je ne lâche pas le rythme, toujours porté par cette ambiance de fête autour de moi.

Après 42,195 kilomètres, je franchis alors la ligne d’arrivée avec beaucoup d’émotion comme à chaque fois, vraiment heureux. Quel bonheur ! Je stoppe ma montre et j’ai 3h28 au chrono. Je fini 3 853ème sur 49 461 finisher cette année là. C’est anecdotique, ce n’est pas mon meilleur temps, mais je suis ravi ma course que j’ai finalement couru plus vite que prévu. J’ai pris beaucoup de plaisir, j’ai tenu le rythme que je voulais, sans craquer, je me suis éclaté, j’en ai pris pleins les yeux, pleins les jambes, et surtout pleins les mains avec tous ces High Five. Je sors récupérer mon Poncho souvenir, ma médaille, et je retrouve Rémi pour profiter d’une bonne bière avec un bon burger. Je vais le dévorer. Je ne me rappelle pas avoir vu de ravitaillement solide sur le parcours, heureusement j’avais jute ce qu’il fallait sur moi, c’est peut-être le seul reproche que je pourrais faire à cette course.

Après l’arrivée, on m’avait prévenu que les new-yorkais dans la rue nous félicitaient quand ils nous voyaient avec la médaille autour du coup, et c’est vrai ! Je ne compte pas le nombre de fois ou des inconnus m’ont effectivement dit bravo, m’ont félicité, et se sont levé dans le métro pour me laisser m’assoir.

Si je compare avec les marathons d’Europe, l’état d’esprit autour de la course n’a rien à voir. Les supporters ne sont pas seulement là pour encourager leur famille ou leur amis sur le parcours, mais ils encouragent tout le monde. Il y a une vraie effervescence autour des coureurs et de la course. C’est l’évènement de la journée, et tout le monde est là pour partager ces moments qui peuvent être beaux, durs, difficiles, et qui apportent beaucoup d’émotion et de plaisir.

Au final, c’est ce qui fait que New York est si particulier.

C’est pour ces moments-là que je cours. Pour vivre ça.

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